Le concert d’ADVM à la Gaîté Lyrique devait avoir lieu le 25 avril, mais avait été décalé au 12 septembre. Le bâtiment était occupé par une association de mineurs isolés, qui demandaient à être sortis de la rue, où ils furent violemment renvoyés lorsque la police évacua les lieux. Le concert d’ADVM était le premier depuis la réouverture, se plaçant sous le signe d’une ambiguïté difficile à résoudre : faire la fête sur les lieux d’une lutte réprimée.
ADVM entre en débardeur blanc et lunettes noires sur le nez, a une gestuelle et attitude qui peuvent rappeler le Vald des débuts, augmentées d’une chevelure de rockstar. ADVM n’a pas peur d’un côté « beauf », qui tranche avec la surenchère de sapes habituelle dans ce genre d’exercice.
Dès le morceau « .CHÂTEAU DANS LE CIEL. » en introduction, il place le concert à un degré d’intensité qui ne faiblira pas. Le show réussit à être à la fois impressionnant et drôle : cela tient à la direction de Gabin et Elliot, en collaboration avec Bleu Citron. Les animations laissent une bonne place à l’humour, ainsi de l’effet karaoké pour le morceau « .CETTE GO. » sur un diaporama kitsch, où la tête de Philippe Poutou apparaît entourée d’un cœur. Autre moment comique, un tutoriel de pogo, appliqué à la lettre. En 2025, il est apparemment possible de pogoter sur tout et n’importe quoi, y compris sur « .pk tu pleures ? », a priori dernier titre à envisager pour se rentrer dedans, coudes en avant. Quant aux guests, ils sont en pleine forme. Jaymee débarque pour interpréter le tube « .TU DATES. », Furlax donne une leçon de prestance sur « .Libre. », et Surprise prend sans forcer la couronne de la reine de la soirée avec « .AUTARCIE.».
Après un bref discours sur les mineurs isolés, ADVM lance le morceau « .Demain l’apocalypse. » pour sceller le show sur une note résolument politique, avant le plus introspectif « .MONDE AUTOUR. ». Son équipe le rejoint sur scène, habillée de t-shirts aux slogans humoristiques anti-Bardella et anti-Macron. Quand le public réclame un quatrième rappel, le rappeur qui a éteint le soleil lance, rigolard : « Bon bah on est en démocratie hein » – et replonge dans la fosse. – Paul Huot