Avec ce nouvel album, Wale semble enfin avoir trouvé l’équilibre qu’on attendait de lui depuis longtemps. Plus apaisé, plus sûr de sa direction, il livre un disque cohérent où chaque morceau paraît pensé et, surtout, incarné. Il assume davantage ses origines nigérianes qu’il pose pour la première fois sur la table en invitant des artistes comme Seyi Vibez, Teni ou encore la star montante ODUMODUBLVCK.
Il pose sur des instrumentaux afrobeats ; les influences se croisent naturellement, entre rap, sonorités africaines et R&B, portées par une sélection d’invités qui enrichissent le projet sans jamais l’alourdir. Wale privilégie ainsi des productions souvent mid-tempo, aérées, qui laissent respirer les textes et installent une atmosphère plus contemplative que festive. L’album avance sans urgence, comme une conversation posée ou même un journal intime, notamment sur le titre « Power And Problems » où il se confie sur ses succès et son rapport avec sa foi.
Ce qui frappe aussi, c’est la posture de Wale : celle d’un grand frère respecté. On le sent dans le featuring avec Leon Thomas (« Watching us »), tout comme dans l’échange inverse sur l’album de ce dernier (MUTT). La dynamique est la même sur le titre « City On Fire », single sorti quelques semaines plus tôt, où Wale invite Odeal. Il partage avec lui autant l’univers musical que des moments de vie, jusqu’à les voir ensemble à un match de basket à Atlanta. Ces connexions authentiques créées au fil des années racontent une certaine transmission et symbolisent le respect d’une génération envers une autre.
Les featurings fonctionnent comme des dialogues où chacun conserve son identité, comme sur le titre « Lonely » avec Shaboozey, qui vient clôturer l’album. Wale y interprète une ballade libératrice sur une production aux influences country. Le titre de l’album, everything is a lot., sonne à la fois comme un appel à l’aide et un exercice d’introspection. Wale y questionne son identité, ses responsabilités et le poids qu’il porte. Malgré les vautours, les jalousies et les peines de cœur, il avance avec le monde sur les épaules.
Sans chercher à révolutionner les codes, everything is a lot. s’impose comme l’un des disques les plus sincères de Wale. Un album de maturité, qui préfère la justesse à la performance, et qui confirme qu’à défaut d’être bruyant, il peut être profondément nécessaire. – Makia